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Elohim, Aude et leurs enfants

On avait déjà vu la rotondité de la terre en famille et en sac à dos. Il nous fallait la vérifier par la mer. La voie royale, Celle des grands explorateurs qui du XVe au XIXe siecle, on bouleversé l’homme et sa vision géographique. A notre tour, bouleversons la nôtre ! Notre objectif, la Polynésie qui cristallise mondialement le rêve du paradis. Et ce rêve, on veut y mettre les pieds. On prévoit 3 ans. Un couple et 2 enfants de 2 et 11 ans. La vente de la maison, les préparatifs du CNED, l’organisation du voyage et surtout…trouver notre bateau idéal.

Un bateau pour ami

Trois ans plus tard. Mouillé dans le bleu insolent du lagon de Fakarava, c’est le bilan de l’aventure. Il est 5h30, Aude, Fanny et Lancelot dorment encore. Je somnole sur les filets de mon trimaran et défilent les souvenirs de notre périple, tous les paysages et les couchers de soleil, les amis rencontrés, la beauté de la faune et la flore sous-marines. Les joies, les peines, la fatigue, la peur mais toujours suivit du réveil comme au premier jour du monde. Les glisses rapides entre les îles et l’éloge de la paresse. Après trois ans de navigation, la mer nous a façonnés. Cette grande “inconnue” nous est devenue familière. Mais à bien y réfléchir, le personnage principal, le vrai héros de cette histoire, c’est notre bateau ! Au fil des miles, il est devenu membre à part entière de l’expédition et de notre famille. Affectivement c’est indéniable, il a désormais toute sa place. Matériellement c’est certain, nous avons joui de son confort. C’est un cocon ! Techniquement, le capitaine ne peut que s’incliner. Ce bateau se manie comme une mobylette. Tout est simple et dégagé. La GV peut se hisser sans winch. Les efforts en jeu sont faibles en comparaison d’un catamaran de même taille. Ce trimaran satisfait toutes les demandes. Comme Un simple bouton à activer et l’on passe de la petite croisière sous pilote pour pêcher en regardant le coucher de soleil, à une navigation mordante, vive, précise et jouissive à la barre. A 12 ans, Lancelot fait ses quarts de nuit bien installé devant la table à carte. Vent, vitesse, angle, AIS, Radar. Je peux dormir tranquille. Même Fanny, du haut de ses 5 ans, est capable d’observer la force du vent et l’AIS pendant 15 ou 20 mn, le temps pour le capitaine d’une petite sieste. Alors oui, le choix du NEEL 45 a été le bon. A coup sûr.

En route vers le paradis

Avec Aude, ma compagne, et nos enfants, nous avions un tour du monde par la terre à notre actif et décidé de faire le prochain par la mer. Un stage aux Glénans, deux ans de convoyages, de l’Atlantique à la Méditerranée, 7 000 Nm à la voile dans les bottes, plus tard, je ne suis plus un novice mais… j’ai encore tout à apprendre. Et surtout reste à trouver le bateau. Un bateau de voyage au long cours pour une famille, à la voile, rassurant, simple et fonctionnel, rapide et procurant des sensations… Le fameux mouton à 5 coques. C’est, au salon de La Grande Motte, que se fait LA rencontre, sur le stand de NEEL-TRIMARANS. Le NEEL 45 qui correspond à notre budget est encore sur plan. Mais l’affaire est conclue. Quelle impatience durant la construction et quel bonheur cette première navigation pour acheminer notre NEEL de la Rochelle jusqu’à la Grande Motte ! Petit chantier d’aménagement intérieur, à la Grande Motte : une salle de bain délivrée de son évier pour devenir une grande douche, une chambre modulable pour Lancelot (lit simple ou double), la pointe avant avec plancher de plein pied pour Fanny, des bannettes dans un flotteur. Quelques temps de chantier et des navigations le dimanche, avec les copains, pour apprendre à manier la bête. Départ annoncé au début de l’hiver 2013. Pas de fenêtre météo pour les Baléares. Tant pis ! Après trois semaines d’attente, il faut bien partir. Pour cette première traversée, nous sommes secoués comme jamais plus nous le serons durant nos trois ans de navigation. Ensuite, tout s’enchaîne magnifiquement. En toile de fond, tout de même, les conditions « musclées » de la Méditerranée. Alors, à l’arrivée aux Canaries, le verdict tombe : je serais seul à bord pour la traversée de l’Atlantique. C’est ma première transat et ma première nav’ en solitaire. Bien sûr, j’appréhende. Un routeur à terre me guide grâce à mon Iridium. La traversée est longue et éprouvante avec des changements de temps continuels. Et même, une tempête de 24 h : 50 Nds de vent dans le mauvais sens et des vagues de plus de 4 m. Des déferlantes tout autour dans un bruit assourdissant. Je me mets en fuite en attendant que ça se calme. Le bateau dévale les vagues tranquillement à 7 Nds sans vraiment surfer à sec de toile. Passer les première heures de surprise, je laisse le pilote travailler à ma place et finis même par m’endormir en ciré et harnais à même le sol. Belle expérience et une arrivée triomphale à St Martin pour retrouver ma famille et visiter les îles des Caraïbes. Lorsque Noé, un des deux grands frères de la famille, vient nous rejoindre, Fanny et Lancelot partagent une chambre. Nous sommes à l’aise, même à cinq à bord. Quand les conditions sont parfaites, tout le monde veut être à la barre. Un souvenir mémorable au large de la Colombie. Quel plaisir, quelles sensations ! 2 ris/trinquette, grand largue, vent et vagues… Les drosses de barre en dyneema font merveille et une vague sur deux se négocie à plus de 17 Nds. On glisse parfois 20s sur la même vague. Noé atteint le record du bateau en frisant les 25 Nds dans un surf d’anthologie. Quel plaisir de voir les fines étraves fendre les vagues sans heurts ni freins. Bien sûr la “prise de care” du flotteur sous le vent à grande vitesse est très puissante et engendre des accélérations latérales assez fortes. Mais lorsque l’on réduit la toile, tout redevient calme, en quelques secondes. La traversée du Pacifique de Panama aux Marquises en passant par les Galapagos est un vrai régal. Avec des vents constants entre 12 et 20 Nds bien orientés, on touche seulement trois fois aux voiles. Avec 15 jours de navigation pour une moyenne de 9 Nds. On est fier de notre navire. On a beaucoup navigué et vite pour arriver jusqu’en Polynésie, 20 000 Nm et un an jour pour jour après le départ. Et voici près de deux ans qu’on traîne nos trois étraves au paradis. Les Marquises, les Tuamotus, les îles de la Société…. Nous en avons bien profité et il sera vraiment dur d’en partir. Car oui, définitivement, c’est l’endroit idéal pour naviguer et vivre pleinement sans limites. Un plan d’eau grand comme l’Europe qui vous fait oublier le reste du monde. Le voyage touche à sa fin. Le bateau est en vente, comme prévu. La dernière ligne droite sera courbe et rapide. Nouvelle Calédonie puis Nouvelle Zélande où le bateau va sagement attendre les nouveaux et chanceux acquéreurs. Acquéreurs à qui je conseille vivement un retour en Polynésie où les 3 étraves du NEEL 45 savent par cœur où fendre sans danger le bleu turquoise des lagons du paradis.

L’avis du capitaine

Le NEEL a un gros défaut : il plait à tout le monde. Dans les Caraïbes, il était rare de trouver un mouillage sans que très rapidement des annexes viennent tourner autour de nous. J’ai fait visiter notre bateau un nombre incalculable de fois. On se fait souvent une idée fausse de ce bateau. Bien entendu le NEEL est rapide mais c’est bien un bateau de croisière confortable avant tout. Oui c’est un trimaran, de la conception à la navigation mais pas besoin d’être un marin émérite pour naviguer avec. Je dirais même qu’il est plus simple à utiliser que beaucoup de catamarans. Il n’a pas ces mouvements violents et hiératiques et ne tape presque jamais sous les ailes. Mon bilan bateau est plus que positif : sécurisant, rapide, simple, confortable à la mer… À refaire mon périple, je prendrai le même. Quelques améliorations seraient toutefois bienvenues. Un meilleur plan anti-dérive. Malgré le très bon centrage des poids, je l’allongerais un peu pour une meilleure glisse. Pour le reste, je garde tel quel. »

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